World War Z de Max Brooks

World war Z

On aime les Zombies et les Zombies nous aiment, tout crus !

Max Brooks s’empare des conventions et parvient à les dépasser. Ses Zombies font bien sûr des trucs de Zombies : ils s’attaquent aux humains, leur arrachent les tripes, bouffent quelques organes, condamnant les victimes à grossir les rangs des ni vivants ni morts, transformés ainsi à leur tour en amateurs de morceaux de chair bien dégoulinante. Pour les détruire, il faut viser la tête. Là s’arrêtent les poncifs éculés. Tout l’intérêt de World War Z, c’est justement d’arriver à renouveler le genre. Cette fois, les Zombies ont bien failli réussir à éradiquer l’humanité tout entière. Comme une épidémie, dans un futur proche bien qu’indéterminé, la vague mort-vivante s’est propagée sur l’ensemble du globe et les Hommes se sont défendus, ils sont en passe de gagner la guerre. Le narrateur, en mission pour l’ONU, est chargé de collecter les témoignages des participants aux combats. Ici, pas de héros sauveteur, mais des milliers d’engagés volontaires, des gens comme vous, des qui ont juste fait leur job. Les interviews se succèdent, courtes, précises quant aux descriptions des batailles, sans implications émotives. Les dépositions des survivants tissent le déroulement des combats, l’enchaînement des décisions, des tâtonnements qui ont fini par faire stopper la pandémie. Passée la terreur, les Hommes ont dû se ressaisir, s’entraider, faire face ensemble et là réside toute l’intelligence de cette fiction. D’un banal récit horrifique, on passe à un véritable roman d’anticipation, une vraie leçon de géopolitique. Déplacements de populations (les Zombies n’aimant pas le froid, des civils décident de gagner le Grand Nord – le dégel sera terrible), camps de réfugiés, problèmes sanitaires, difficultés d’approvisionnement en nourriture et armement, modifications des données stratégiques mondiales (Cuba, plus préservée car isolée, devient une puissance financière et militaire)… l’Humanité s’adapte. Ajoutez à cela des trouvailles excitantes (les Zombies, tapis dans les fonds des océans attaquant des sous-marins nucléaires ou ces Hommes, devenus dingues, qui se prennent pour des Zombies et assaillent leurs congénères), et vous obtenez un roman intelligent qui ne fiche pas bêtement la trouille.

World War Z / Max Brooks. trad. de l’américain par Patrick Imbert. Calmann-lévy, 2009

 chronique publiée dans Noise n°13 – octobre-novembre 2009

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