Des nouvelles du rock : une sélection de nouvelles du concours Café Castor

des nouvelles du rock

Au départ, des potes ont une idée : lancer un concours de nouvelles rock. Ces potes ont de la persévérance : ils créent une association « le Café Castor » pour porter leur projet, ils s’agitent, se font connaître, montent un jury… et puis, ils rencontrent un réel succès et reçoivent des manuscrits de partout, d’auteurs de 13 à 64 ans. Au final, le concours perdure, et un éditeur décide de publier les meilleurs textes.

Je vous entends d’ici : « Des nouvelles rock ? » Des nouvelles, Ok, on voit ce que c’est. Avec un seul thème, le rock. Bon, d’accord, ça aussi, on maîtrise. Mais c’est quoi, des nouvelles rock ? Des histoires brèves qui parlent de musique de jeunes ? Un style trash ? Des personnages rebelles, ados incompris ou chanteurs hirsutes ? Y’aurait pas comme un risque de déterrer les clichés gothico-romantiques ou anarco-punks-à-rats ?

Dans La naissance de Bobby Love Garett, de Renaud Cerqueux, le héros se pose la même question. Il veut absolument gagner le concours, et obtient comme conseil : « si tu parles de drogue et de vomi, ça devrait faire l’affaire ». Finalement, il s’écarte de cette piste, et perd le concours… Moralité, des nouvelles rock, c’est ce que vous voulez bien que ça soit. Et si c’est ça : des écrits sincères sculptés dans un mur de son omniprésent, alors « le Café Castor » a réussi son pari. En effet, peu de poncifs dans ce recueil de 21 nouvelles, mais 21 styles très habités, des textes sensibles ou drôles, de la joie, des pleurs, de la vie. La cohérence est là, dans cette multitude de voix. I live by the river, de Jean-Philippe Blondel, superbe évocation universelle d’une jeunesse perdue, côtoie Top of the Popes, d’Arnaud Modat, sorte de clip burlesque dans lequel Les Syndrome Divin, groupe de rock catholique, entrent en transe sur scène, se font jeter de leur paroisse, se convertissent au judaïsme pour composer « t’es grave dans la Moïse » ! Il y a des trouvailles dans l’écriture : « il s’est vautré comme une choucroute, et le videur l’a suivi, pour lui refaire sa garniture », nous informe Nicolas Noican, dans Les diverses déclinaisons chimériques de Mary-Kate, en parlant du chanteur du groupe punk Marvin is gay. Il y a de la spontanéité, de la démesure, il y a du boulot.

Parmi les 700 et quelques romans de la rentrée littéraire, seulement une trentaine écrits par de nouveaux auteurs ont été publiés. Prendre le risque de peut-être dénicher un écrivain qui compterait demain, c’est pas osé, ça ?

Des nouvelles du rock : une sélection de nouvelles du concours Café Castor / sous la direction de Jean-Pierre Jaffrain. Camion blanc, 2010

Chronique publiée dans New Noise n°2 – janvier-février 2011

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