Rock’n’roll psychose de Thierry Tuborg

r'n'l psychose

Kicking Records (label indé toulousain dont le catalogue propose Billy the Kill, Teenage Renegade ou Cooper…) vient d’avoir deux bonnes idées. a) – se lancer dans l’édition de bouquins (sous le nom de Kicking books, logique). b) – se lancer dans l’édition d’un bouquin de Thierry Tuborg, un polar, Rock’n’roll psychose.

Ancien chanteur de Stalag, groupe punk rock bordelais des 70’s, Tuborg a des trucs à dire, alors il écrit. Des souvenirs, des romans surtout, 8 en tout avant celui-là. Tous refusés par les éditeurs « officiels », hormis une brève et décevante collaboration avec le Serpent à plumes. RAF. On n’est jamais mieux servi que par soi-même, d’ou le DIY version auto-édition : le cercle séborrhéique et un journal perso en ligne, journal qu’il tient depuis 1995 où se mêlent humeurs du jour, chroniques de concerts, confidences médicales ou agacements sagaces. Mais bon, à un c’est bien, à deux, c’est mieux. D’autant que la notoriété respective du label et de l’auteur ne peut que contribuer au succès de l’affaire.

Rock’n’roll psychose, donc. Rémi Bacalan, ancien chanteur du groupe Stockholm reconverti en écrivain raté, se trouve embarqué dans une sale histoire de meurtre, tout ça sans avoir rien demandé. Le zigouillé n’est autre qu’un directeur de maison de production, futur éditeur de son roman, qu’il semble être le dernier à avoir vu. Quand on est hypocondriaque, atteint de TOC persistants, d’une paranoïa légère et d’une sévère misanthropie, c’est dur d’être obligé de courir partout pour prouver son innocence, avec un flic psychorigide collé à ses basques. Surtout que se retrouve mêlée à l’embrouille, Allison, Ah ! Allison…

Lire Tuborg, c’est jouissif comme… (un nom de brasseur, je ne pouvais pas le louper) boire une bonne bière ? Salutaire, efficace, sans prétention. Faut dire que suivre Rémi dans les salles enfumées, dans les loges poisseuses après concerts, ça donne soif. Une France se dessine, celle des bars, des magasins de disques, des fanzines. Des groupes ou organisateurs peuplent les souterrains culturels, formant le réseau d’une France solidaire, ignorée mais bien réelle : on rencontre les acteurs de Kérosène, Abus dangereux, ou Lollipop, on croise les Dogs ou Second Rate… Une France entrée en résistance face aux média dominants, ou en voie d’extinction, selon que l’on considère le demi à moitié plein ou à moitié vide.

De la fluidité avec une pointe d’amertume.

La couv’ (le chanteur des Gabba Heys photographié par la chanteuse d’Attentat sonore, sur un design du guitariste des Bushmen) confirme : le rock français bouge encore !

Rock’n’roll Psychose / Thierry Tuborg. Kicking Books, 2010

Chronique publiée dans New Noise n°1- novembre-décembre 2010

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