Fargo Rock City : confessions d’un fan de heavy metal en zone rurale de Chuck Klosterman

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Y’a vraiment des mecs qui ont pas de bol. Avoir vécu son adolescence dans les années 80, c’est une chose. Beaucoup ont brillamment réussi à surmonter l’épreuve des Duran Duran ou autres Nena sans en garder trop de séquelles, je vous l’accorde. Mais Fargo, vous situez? Cette ville campée dans le Dakota du nord, immortalisée dans le film éponyme des frères Coen. 100 000 habitants isolés en zone rurale, avec pour tout horizon, une plaine, morne. Fargo, ses hivers à -20°, ses tempêtes de neige. Eh bien, ce n’est pas à Fargo que Chuck Klosterman a passé ses jeunes années, c’est à Wyndmere, un bled à cent kilomètres de la capitale régionale, Fargo justement, même climat, même paysage, 500 âmes…

Mais, pire que tout, pour l’initier au rock, en 1983, alors que Chuck n’a que onze ans, son grand frère (il faudra d’ailleurs qu’un jour on m’explique où se trouve ce lieu nimbé de mystère où se rendent les dits grands frères – ou grandes sœurs – pour s’initier eux-mêmes au rock, mais je m’égare), lui refile une K7 de Shout at the Devil de Mötley Crüe. Putain, Mötley Crüe ! Vous ne me direz pas que le sort ne s’est pas acharné sur Chuck. Les répercussions sur sa vie seront effroyables, petit Chuck passera des années à écouter du glam rock, du heavy metal, du hard rock, du hard metal, et finira journaliste. Dans cette autobio, vous apprendrez enfin à classer Van Halen, W.A.S.P., Metallica, Black Sabbath ou Iron Maiden dans les bonnes cases sans vous tromper. Vous saurez pourquoi vous avez, vous aussi, adoré le maquillage de Kiss. Vous aurez un test comparatif entre les coupes de cheveux laqués et plus ou moins propres de Poison et de Guns N’Roses. Vous comprendrez pourquoi le clavier, c’est gay, selon le batteur d’Anthrax. Vous lirez que le 1er février 1987, la mère de Chuck a fait un ragoût.

Klosterman nous raconte sa vie, des histoires de rock, et, sans qu’on y prenne garde, l’Histoire du Rock. C’est une vraie analyse de ce phénomène qui a été si populaire aux USA dans les 80’s qu’il livre, sans jamais oublier de se moquer des travers de ses Héros, ni de sa propre gueule.

Fargo Rock City : confessions d’un fan de heavy metal en zone rurale / Chuck Klosterman. trad. de Stan Cuesta.  Rivages, 2011

Chronique publiée dans New Noise n°9 – mars-avril 2012

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