Strummerville de Bruno Clément-Petremann

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France. 70’s. Patrick est étudiant et ne sait pas trop quoi faire de sa vie. Il aime le rock et Lucie, militante trotskiste. Musique et Politique sont les ciments qu’il a choisis pour se construire une existence un peu moins prévisible. Jusqu’au jour où son désir de vivre plus l’amène à l’irréparable, il tue un  membre du GUD et doit quitter la France. En 1976, il choisit Londres comme terre d’exil. Joe Strummer s’apprête à monter un groupe, Patrick devient son ombre ; sa vie se déclinera dès lors au rythme des albums et des tournées des Clash, impétuosité, frénésie, apothéose, ralentissement, chute… A la recherche de son ami en plein questionnement sur l’avenir de son groupe, à Paris, Patrick se fait arrêter et en prend pour vingt ans.

Etrange roman que celui-là. Malin d’avoir choisi cette voie et de ne pas nous pondre un sempiternel documentaire sur un groupe dont on sait déjà tout. Malin de faire de Strummer un personnage de fiction. C’était casse-gueule de mettre dans sa bouche des dialogues qu’il n’a pas tenus ou dans sa tête des pensées qu’il n’a sûrement pas eues, et si la lecture peut s’avérer un temps déroutante, ça fonctionne plutôt bien au final. Néanmoins, ce n’est pas là que réside l’intérêt fondamental du bouquin, mais plutôt dans la description vraisemblable du contexte politique et social dans lequel l’intrigue est menée. Giscard, Thatcher, puis les années Mitterrand, l’ultragauche, la crise qui se pointe et qui s’enracine… et surtout dans la peinture hyperréaliste du milieu carcéral. Bruno Clément-Petremann est directeur de prison, nous dit-on en quatrième de couv. L’empathie dont l’auteur fait preuve envers les condamnés, ses positions sur la justice et les conditions d’emprisonnement dans les geôles françaises, c’est peut-être bien dans cette dénonciation des absurdités et des iniquités du système, qu’il retransmet le plus justement la voix du leader des Clash.

Strummerville / Bruno Clément-Petremann. La Tengo Editions, 2012

Chronique publiée dans New Noise n°15 – mars-avril 2013

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