John meurt à la fin de David Wong

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A Confidentiel, bled paumé quelque part aux Etats-Unis, deux amis fans de ciné, un peu geeks sur les bords, s’ennuient ferme. Lors d’une soirée, ils rencontrent Le Jamaïcain, un drôle de type qui fait essayer à John une drogue d’un nouveau genre, la sauce soja. Et là, tout dérape, s’accélère… Etre coincé dans une essoreuse à salade, vous imaginez l’effet ? C’est ce que le lecteur ressent tout au long de ce roman de 600 pages complètement déjanté. Car cette drogue a des effets inattendus, quand elle épargne les aventureux qui se risquent à en prendre. Elle vous fait naviguer dans des univers parallèles monstrueux, vous permet de vous souvenir de choses qui n’ont pas encore eu lieu, sans compter que, quand on revient de ce trip hallucinant, on n’est plus tout à fait humains. Distorsion du temps et de l’espace, inventions narratives hilarantes autant qu’effrayantes, David Wong ne nous épargne rien. Vous croiserez au fil des pages une chienne extralucide, un téléphone hot-dog, des balles inoffensives, une télé qui vous regarde… L’auteur se plaît à semer des pistes lors d’une construction labyrinthique époustouflante. Il nous perd parfois, mais parvient à retomber sur les pattes de Molly, la chienne, au rythme haletant des résurrections de l’animal télépathe, et des traits d’humour de David Wong le narrateur, qui partage au passage le même pseudo que son créateur (« Une résurrection est presque toujours une mauvaise chose, j’avais appris ça dans les films. Pour un Jésus, on a des millions de zombies »).

Décousu mais irrésistible, ce roman a connu un succès inattendu outre-atlantique, au point d’être adapté au cinéma par Don Coscarelli, à qui l’on doit l’également excellent Bubba Ho-tep. Né de l’imagination débridée d’un inconnu qui a commencé par poster les aventures de ses anti-héros sur internet, jusqu’à finir par se faire remarquer par un éditeur, John meurt à la fin a déjà une suite aux USA qui, espérons-le, sera rapidement traduite en France. En attendant, vous pouvez retrouver l’esprit caustique de l’auteur sur son blog humoristique cracked.com.

John meurt à la fin / David Wong. trad. de Charles Bonnot. Super 8 éditions, 2014

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