Whoop whoop

Fille renard vs2

Merci ! Deuxième chronique en ligne ! Les mots me manquent tellement c’est beau ! Sur son fabuleux blog Tasha’s books, Tasha a écrit :

Ce que j’en pense
Alors c’est certain, ce n’est pas ce roman qui me fera changer d’avis sur la campagne. Nous sommes ici dans ce que Marianne Peyronnet appellerait elle-même du rural bien profond, et du rural bien bien noir, pourrait-on ajouter. D’une certaine façon, le personnage est issu de cette France périphérique que la littérature peint ces derniers temps; il a grandi dans un pavillon semblable à tous les autres dans un lotissement sans âme d’une bourgade à l’écart de la « grande » ville voisine et pourtant si loin, Disgrasse, entre deux parents ordinaires et à ses yeux terrifiants de médiocrité aliénée. Il pourrait être sympathique, Kevin, il est un peu touchant quand il repense aux étés passés avec son pépé. Mais Kevin est une boule de haine, qui ne trouve de joie que dans l’avilissement d’autrui ou dans le meurtre d’animaux, puis… Puis vous verrez bien, car tout se met en place très vite pour que le pire advienne. 
Point de rédemption ici, pas plus que de vision bucolique d’une nature hostile mais si belle. Non, la ruralité est avant tout le lieu où survivent des êtres paumés, rejetés par tout, et qui pour certains se vautrent dans leur bêtise, leur méchanceté et leur crasse. Marianne Peyronnet ne les juge pas, elle reste à distance par une narration sobre, sans fioritures et par là même très forte, qui tape juste et noir. A vrai dire, elle ne nous impose rien, elle ne nous dit pas quoi penser. Elle montre ces campagnes à l’abandon, le chaos social qui s’y insinue, la violence des hommes. Tout au plus peut-on percevoir de l’ironie, par exemple quand nos personnages de ruraux bien profonds jouent les dégoûtés face à la crasse de leur proie alors qu’eux-mêmes empestent et vivent dans une bauge innommable. 
C’est en tout cas un roman très fort que livre Marianne Peyronnet, que l’on peut inscrire dans le rural noir, mais qui déjoue certains clichés de ce type de romans, qu’on voit déjà fleurir, hélas! Cruel, nihiliste, Vergne Kevin n’embaume pas les vertes prairies, il ausculte la noirceur humaine sans concession. Il faudra avoir à l’oeil Marianne Peyronnet dans les années à venir, c’est sûr. 

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