La cité des rêves de Wojciech Chmielarz

cité reves

Après Pyromane, La ferme aux poupées et La colombienne, Jakub Mortka, dit Le Kub, inspecteur à la criminelle, reprend du service pour une quatrième affaire à résoudre. Zuzanna, une étudiante en journalisme, est retrouvée assassinée dans la cour de la cité des rêves, un ensemble sécurisé d’un beau quartier de Varsovie. Elle a été poignardée et s’est vidée de son sang. Caméras de surveillance, vigiles, voisins… personne n’a rien vu. Ou peut-être bien que c’est cette femme la coupable, cette ukrainienne qui fait des ménages. Tout semble désigner Svitlana, en effet. Alors, quand elle vient s’accuser du meurtre, pourquoi Mortka s’acharne-t-il à ne pas classer l’affaire ?

Vous voulez découvrir Varsovie ? Ses palais néoclassiques, ses églises gothiques, ses bâtiments pastel et ses terrasses de cafés, ses gratte-ciels modernes, symboles de l’essor économique du pays ? Rester à la surface ? Alors, ne choisissez pas Mortka pour vous faire faire la visite. Comme ambassadeur touristique, on a vu mieux. Par contre, si vous cherchez à vous aventurer dans les ruelles sinistres, en apprendre plus sur la culture souterraine, comprendre les enjeux de pouvoir qui régissent la vie contemporaine polonaise, alors suivez le guide. Il vous perdra, parfois, comme il se paume lui-même. Il faut dire que l’enquête qu’il mène l’oblige à des détours, à se cogner encore et encore contre certaines portes dont il n’a pas les clés, derrière lesquelles on devine des réalités sordides.

D’autant que Chmielarz s’amuse à en rajouter, à brouiller les pistes en nous plaçant dans les pas de Kochan, son ancien partenaire, à qui l’on confie la résolution d’anciens crimes. Plusieurs investigations sont ainsi conduites en parallèle. Qu’elles se recoupent ou pas n’a pas d’importance. Elles ont pour but d’autres intérêts. En apprendre plus sur les personnalités des deux hommes et leurs relations, éclairer les coins sombres, les déviances – sexuelles (dans un pays fervent champion de morale catholique) ; – politiciennes (quand la chute de bloc de l’est dans les 90’s n’a pas éradiqué la corruption, mais a amené au pouvoir des mafieux cyniques), le tout baignant dans une violence prégnante sur fond de racisme séculaire. La balade sera haletante, pleine de rebondissements et d’espoirs déçus, et vous serez heureux, au bout du compte, de vous être éloignés des terrains balisés, des circuits convenus, pour en revenir un peu moins bêtes et avec une seule envie, y retourner.

La cité des rêves / Wojciech Chmielarz. trad. de Erik Veaux. Agullo (Agullo noir), 2020

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