Le karaté est un état d’esprit de Harry Crews

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Après avoir bourlingué des années à travers les Etats-Unis, John Kaimon pose ses fesses sur une plage de Floride. Là, il observe le drôle de comportement d’une bande d’allumés. Karatékas aux ordres d’un certain Belt, la troupe enchaîne entrainements et combats, sans retenir les coups. Fasciné, notamment par Gaye Nell Odell, somptueuse blonde athlétique, il décide d’intégrer la troupe.

Quatrième roman de Harry Crews, publié pour la première fois en 1971, Le karaté est un état d’esprit, méritait une traduction tant il est porteur des thèmes et obsessions de l’auteur et s’intègre, telle une pierre de soutènement, dans son œuvre hallucinée. Bizarre, décalé, violent, le groupuscule en marge qu’il décrit forme communauté contre le reste du monde, avec son éthique et ses propres codes, qui sont le reflet, en creux, de normes sociales tout aussi violentes et bizarres.

L’étrangeté atteint son apogée lors de la scène finale. La fête du 4 juillet, célébration de l’Amérique s’il en est, rassemble une foule immense venue assister à l’élection de la Reine de beauté. Les filles exposent leurs bikinis depuis un mobil home. Tous veulent voir. Queues interminables de voitures, engueulades, bousculades, bagarres, enfants écrabouillés… Poésie noire, humour grinçant, le bon peuple laisse exploser ses instincts primaires et rejoint, non sans ironie, la soi-disant cohorte des freaks et des déviants.

On sourit beaucoup, en prenant garde à ne pas dévoiler ses dents, de peur de se les faire déchausser d’un coup de pied circulaire qu’on n’aurait pas vu venir.

Le karaté est un état d’esprit / Harry Crews. trad. de Patrick Raynal. Sonatine, 2019 

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Le dernier thriller norvégien de Luc Chomarat

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Delafeuille, employé par les éditions Mirage, se rend au Danemark afin de négocier les droits de traduction du dernier roman d’Olaf Grundozwkzson. Surfant sur la vague du polar nordique, l’auteur a rencontré un succès mondial avec ses précédents livres. Ses ventes se hissent à la hauteur d’un Nesbo ou d’un Larsson. Le dernier thriller norvégien est assuré de devenir un best seller. Aussi, Delafeuille n’est pas seul sur le coup, Murnau et Gorki ont également fait le voyage pour tenter leur chance. Dans le même temps, l’Esquimau terrorise Copenhague et vient de faire une sixième victime. L’inspecteur Bjonborg enquête.

Jusque là, tout va bien. La structure, les personnages se mettent en place. On est dans un polar classique (plus ou moins), si l’on fait fi du ton léger, des descriptions cocasses et des réflexions désopilantes de l’éditeur désabusé. Mais on est surtout dans du Chomarat, hein, alors forcément tout se met très vite à déraper. Sherlock Holmes se joint au groupe, oui le vrai détective so british, et Delafeuille trouve dans sa chambre d’hôtel le manuscrit, en français, du dernier thriller norvégien. Il se met donc à lire le roman et découvre qu’il en est un des protagonistes et que tout ce qui lui arrive(ra) est noté dans ses pages. Habile mise en abîme qui permet à Chomarat de balader son lecteur entre réalité et fiction, de décortiquer sous ses yeux ce qu’est une construction littéraire en s’appropriant pour mieux s’en moquer tous les poncifs liés à ces séries policières pas toujours d’une grande finesse.

L’absurdité est de mise tout du long et donne lieu à des scènes où l’on ne peut s’empêcher de pouffer face aux déboires des personnages, complètement empêtrés dans le fil de l’histoire, marionnettes d’un auteur omniscient qui se joue d’eux. Chomarat se permet tout, jusqu’à faire dire Delafeuille à Holmes, à un moment critique : « tenez bon, la fin du chapitre n’est plus très loin », jusqu’à leur faire lutter contre un langage ordurier qu’ils désapprouvent durant quelques répliques, changer de temps, passer du « il » au « je » simplement parce qu’il en a le droit, en tant qu’auteur. Tout est décomposé, en équilibre instable, et se lit tambour battant, à l’image de quelqu’un qui, sous l’œil hilare de témoins, court pour éviter de tomber, et qu’on ne sait s’il va se redresser ou se vautrer.

Tout est drôle, les noms, les dialogues, les péripéties, et n’empêche pas l’air de rien une réflexion profonde sur l’avenir de la littérature et du livre papier, sur la place de l’écrivain, dont « le rôle est d’introduire le doute là où il y avait certitude. Un peu le contraire du politicien. » C’est terriblement fin, virtuose, intelligent et prouve une nouvelle fois que, contrairement à certaines productions littéraires écrites à la va-vite, Chomarat ne prend par ses lecteurs pour des imbéciles.

Le dernier thriller norvégien / Luc Chomarat. La manufacture de livres, 2019

Nadine Mouque de Hervé Prudon

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Toutes des Nadine, sauf maman

« Ici, aux Blattes, Nadine Mouque ça va pour tout le monde et toutes les religions, c’est un mot de passe pour vous gâcher le jour, vous dire la haine et l’irrespect de la personne humaine, tout le monde s’appelle Nadine Mouque. »

Sorte d’insulte pour désigner les femmes, toutes les femmes, dans la bouche des jeunes de la cité, mais aussi leur concéder une forme d’appartenance à leur communauté, « Nadine Mouque » est un terme qui a le don d’ulcérer Paulo, le narrateur. Chômeur gras et moche tendance alcoolo, divorcé, il vit chez sa mère et n’est pas comme ces petits merdeux. Lui il respecte les femmes, il est mieux, sans doute, que les autres. Aux Blattes, il n’a pas beaucoup d’amis, il s’est construit contre le monde, avec sa M’man. C’est dire que quand sa mère se fait dessouder en faisant ses courses, sa solitude grimpe d’un cran, au point qu’il se refuse à se débarrasser de son cadavre pour avoir, encore un peu, de la compagnie. Même si ça cocotte dans l’appartement et que ça devient carrément encombrant au moment où il récupère Hélène, sosie de l’héroïne du feuilleton populaire, dans une benne à ordure, en bas de l’immeuble et compte bien installer cette belle fille chez lui…

Initialement publié en 1995 à la Série Noire, Nadine Mouque n’a rien perdu de sa verve. Peinture d’une cité glauque, récit narré au présent par un personnage, mi lard mi cochon,  envers lequel on éprouve peu d’empathie, le talent de Prudon à distiller de l’ambiance s’y révèle fulgurant. L’histoire, aberrante, n’est qu’un prétexte. L’intérêt n’est pas là. Les faits s’enchainent, s’empilent de guingois, construisent une absurde réalité qui peine à tenir debout, à l’image des destins des habitants, et surtout de Paulo. Chez Prudon, c’est l’atmosphère qui compte, qui sert à dire la poisse, les embrouilles, la fatalité dans laquelle s’enlisent, croupissent ou se complaisent les gens de peu, ses héros de toujours. Il ne les juge pas, ne les plaint pas. Et c’est par la langue, exceptionnelle, créatrice d’images violentes ou poétiques, qu’il leur confère une épaisseur.

Aucune phrase anodine, tout un univers de désespoir et d’humour glacial qui se déploie dans ses mots : « Quand on naît ici, quand on y vit, on purge une peine à crédit, en leasing, on prend de l’avance sur les crimes qu’on n’a pas encore commis ». Paulo nous parle, raconte les autres. Hélène, « cette petite Hélène (qui) m’a l’air tout propre, un peu comme un animal qui enterre ses crottes » prend vie d’une tournure bien sentie. Et sa mère meurt, comme elle a vécu, prosaïquement : « M’man trouve ça naturel, prendre une balle, un courant d’air, un méchant rhume, c’est la mauvaise saison qui dure toute l’année, pour elle. Son roman noir, c’est le calendrier ». Les événements ont peu de prise sur celui qui, « depuis longtemps occupé à soigner son problème d’alcool, soit en cherchant de l’alcool, soit en partant en cure, » est plus qu’il ne croit semblable à ses voisins, détachés, désemparés, désenchantés.

Nadine Mouque / Hervé Prudon, Gallimard, (La Noire), 2019

Cherry de Nico Walker

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2003. Puisqu’il faut bien faire quelque chose dans la vie, pourquoi ne pas s’inscrire en première année d’études supérieures ? Quand on a l’âge du narrateur, des parents qui raquent, un penchant avéré pour les drogues récréatives et les belles filles, un don authentique pour la glandouille, ça semble l’endroit idéal où exprimer ses talents. Rien n’est grave, surtout pas d’être jeune et dilettante.

Rien sauf l’amour. Alors, quand Emily, dont il est dingue, s’éloigne pour une fac au Canada, il décide de s’engager dans l’armée. Coup de tête, désir de (se) prouver qu’on peut, incapacité à se projeter dans un monde inconnu, à anticiper ce que ce choix – le premier signifiant de toute sa vie – aura comme conséquences, son intégration dans le corps médical des Armées le propulse en Irak. Il en revient l’organisme rempli d’images terrifiantes, d’opiacés, de cauchemars et d’insomnies, incapable de retrouver une vie « normale ». Emily elle-même ne peut pas le sauver. L’héroïne les ronge, occupe leur quotidien, assèche leurs ressources physiques et économiques. Reste plus que les braquages de banque. Puis la prison.

Cherry n’est pas un roman comme les autres. Bien sûr, à la vue du parcours de l’auteur, dont le héros épouse le parcours pas à pas, on est frappés par la dimension autobiographique du récit. Mais la grandeur du livre est ailleurs. A la manière d’un Rob Roberge et son Menteur, Nico Walker dépasse la trame anecdotique, transcende ce qu’il est, pour mettre à nu un personnage cruellement attachant parce que livré sans concession, sans apitoiement, avec ses failles terribles, ses faiblesses bouleversantes. Il n’analyse pas, il se place en dehors de lui-même pour s’atteindre au plus près. Pour qu’on lise dans son âme. Seul l’art permet ça et il faut un immense talent pour y parvenir.

Donner à ressentir la petitesse au travers de détails, dégueuler ses faiblesses à la face du monde avec tant de sincérité permet, paradoxalement, d’éviter au lecteur de juger. Ou si peu, comme on le fait à l’encontre des gens qu’on aime, avec bienveillance. Alors, peu importe qu’il soit un rien branleur, très immature, que ses erreurs soient la conséquence des traumatismes dont il est victime ou de sa nature profonde, qu’il soit ou non le produit d’une société américaine prompte à le dévorer, il explore la part déchirante de notre humanité. Les scènes s’enchainent, parfaites de réalisme, n’apportant parfois rien au déroulement de l’histoire, se contentant, comme les dialogues, tantôt drôles, souvent prosaïques, de dire l’absurdité de l’existence.

Il faut bien faire quelque chose dans la vie, pourquoi pas braquer des banques pour rapporter de la came à sa belle. C’est insensé, stupide, mais pas plus que crever à vingt ans, en Irak ou ailleurs.

Cherry / Nico Walker. trad. de Nicolas Richard. Les Arènes (EquinoX), 2019

3 minutes, 7 secondes de Sébastien Raizer

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Le vol MU729, au départ de Shanghai, à destination d’Osaka, prend son envol avec deux heures de retard, à cause d’un problème de transfert de bagages. Nomura, le commandant de bord, engage une course contre la montre, et contre un typhon qui s’annonce, pour arriver à l’heure prévue. Le sort s’acharne. La Corée du Nord décide du tir d’un missile à tête nucléaire. La collision aura lieu dans 3 minutes et 7 secondes.

Il suffit d’une centaine de pages à Sébastien Raizer pour déployer un condensé de son art. 3 minutes, 7 secondes n’est pas un roman catastrophe, avec cris hystériques, prières dans le vide, où seraient étudiées les réactions des différents acteurs du drame à venir, révélant leur courage ou leur petitesse, exacerbées comme dans un blockbuster américain. Ce n’est pas un récit à suspense. Ici, on sait vite que l’issue sera fatale. On le sait même avant la plupart des protagonistes, victimes d’une crise géopolitique sur laquelle ils n’ont aucune prise, qui les dépasse au point qu’ils ne comptent pas. Si la tension existe, elle se fonde sur des bases plus profondes.

Parmi les 316 passagers, l’auteur extrait quelques figures, incarnations d’une Humanité sur le point de s’éteindre. Les jeux amoureux entre hôtesses et stewards finissent en une allégorie sanglante des rapports entre les sexes, où les sentiments, devenus instincts, prennent une tournure hallucinée. Nomura, guerrier symbolique d’un Japon millénaire disparu, expérimente la mort, dans un rêve où il se transcende et confond ses souvenirs, ses désirs avec ceux de son pays. Le sino-américain Glenn Wang, concepteur de jeux vidéo, se réfugie dans une réalité décalée, où peut-être la vie comme la fin ne seraient que mirages. Yan Van Welde, photographe, songeant à la publication de son futur livre, questionne sur l’essence et la finalité de l’art. Chacun fait un voyage intérieur, qu’il expérimente dans une solitude presque absolue.

Philosophie, métaphysique, réalité augmentée ou réduite…, dans 3 minutes, 7 secondes, Raizer poursuit sa quête de la vérité en proposant, une fois de plus, une réflexion, dérangeante, incarnée, sur ce sujet, simple comme insondable, et qui s’adresse à tous : qu’est-ce que la vie ?

3 minutes, 7 secondes / Sébastien Raizer. La manufacture de livres, 2019

La transparence selon Irina de Benjamin Fogel

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Tout est-il pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ?

Paris, 2058. Le Réseau veille sur vous, sur tout. Il fait de vous des super citoyens. Votre métadicateur, cette note qui vous est attribuée en fonction de critères objectifs, comme votre empreinte carbone ou votre consommation de viande, vous permet de vous situer sur l’échelle humaine. Si vous êtes quelqu’un de bien, la note monte, transparente, visible par la terre entière et permet de vous proposer des partenaires amoureux à votre mesure. Votre revenu universel vous permet de n’avoir aucune angoisse sur le plan matériel. Votre régulateur de vie s’occupe de régler votre chauffage ou la luminosité de votre appartement en fonction de vos besoins et de ceux de la planète. Le Réseau sait tout de vous grâce à cette puce implantée dans votre bras à la naissance. Il centralise vos données personnelles, qu’elles soient médicales, bancaires, familiales. Il anticipe vos désirs. Après tout, n’êtes-vous pas un Riencanas, un adepte de la transparence totale, dans la vie réelle, IRL (in real life) autant que dans la vie virtuelle, IVL (in virtual life) ? N’est-ce pas louche d’avoir des choses à cacher à la société ? Bon, si vous êtes un nonyme, c’est-à-dire que vous utilisez un pseudo IRL dans le but de conserver un peu d’indépendance, ça passe encore. Mais il existe des individus retors au bonheur, des êtres dangereux, des Obscuranets, prêts à accomplir des actions terroristes pour remettre en cause l’équilibre et retrouver le chaos de l’ancien monde. Camille Lavigne, Dyna Rogne IRL, personnage central du livre, nous immerge dans son présent, faisant le lien entre les différents courants de pensée.

Anticipation, dystopie ? Le roman de Benjamin Fogel dérange en nous plongeant dans un futur plausible, très proche de ce qu’on peut déjà voir des dérives de notre monde. Il le fait par petites touches, par l’entremise de caractères qu’il présente tour à tour comme représentants du débat social et philosophique de la société qu’il crée. Subie par certains, mais plébiscitée par une vaste majorité, son ultra-modernité inquiète, paradoxalement parce qu’elle est douce. Pas de répression ultra-violente ici, pas de scènes d’effroi, l’homme est entré dans l’ère de la soumission consentie, de la servitude volontaire, du jugement des comportements particuliers au profit du bien commun, et ça fait flipper.

Les caméras de surveillance à tous les coins de rue ? Les réseaux sociaux qui analysent nos goûts en matière de produits commerciaux, de candidats aux futures élections ? L’intelligence artificielle qui pense à notre place ? Le moule est déjà conçu. Y rentrer rendra-t-il heureux ? L’auteur se refuse à une présentation manichéenne des questionnements posés à notre réalité. Il s’interroge sans apporter de réponse. Il fait appel à l’intelligence de son lecteur, la part de cerveau disponible qui lui reste encore. Est-ce un bien si les Etats s’emparent des réseaux sociaux ou doit-on laisser les multinationales américaines les gérer ? Peut-on faire le bonheur de l’individu malgré lui et où commence le totalitarisme ? L’anonymat sur la toile doit-il être éradiqué ?

Si son roman se lit comme un thriller, porté par une intrigue solide, les questions qu’il soulève sont multiples et mouvantes, au gré de celles que se posent ses personnages, incarnés, attachants, ambigus jusqu’à l’extrême.

La transparence selon Irina / Benjamin Fogel. Rivages/noir, 2019

Glory Hole de Frédéric Jaccaud

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Jean, Michel et Claire ont grandi dans le même orphelinat. Ils étaient certains de ne jamais se quitter, ils se l’étaient promis. Mais les rêves sont faits pour être brisés. Des années plus tard, le trio a perdu sa belle et les deux amis végètent dans une ville portuaire entre pluie et brouillard, survivent de trafics minables et d’amours tristes. Et Jean découvre une photo de Claire dans un magazine de cul made in USA. C’est donc là-bas qu’elle est, en Amérique. Il faut du fric pour aller là-bas. Le braquage tourne mal, tant pis, tant mieux, impossible de reculer. Los Angeles n’attend qu’eux.

Au début des 80’s, l’industrie du X est en plein essor avec la naissance de la VHS. Il y a du blé à se faire. Pas besoin de CV pour se faire recruter, suffit d’ouvrir les cuisses ou de pointer le dard, pour peu que l’on soit encore jeune et pas farouche, la célébrité est à la portée des audacieux. Les pratiques se font plus dures, ceux qui ont de l’argent ne s’embarrassent pas d’éthique ou de légalité pour mater leurs fantasmes, bien calés dans leur canapé. Tout s’achète, tout se vend, les corps, les vies, les âmes.

Entre boulots de merde et fêtes chez les fils à papa défoncés, le parcours des frenchies dans la ville des anges est chaotique, mouvant. Frédéric Jaccaud excelle à tracer le parallèle entre les deux faces d’une société schizophrène et les personnalités antagonistes de ses deux personnages. Aussi dissemblables qu’inséparables, unis dans une quête – celle de retrouver leur jeunesse, leur innocence – perdue d’avance, Jean le flamboyant, Michel le taciturne empruntent des chemins différents qui les mènent dans le même tunnel, en pente, glissant.

Frédéric Jaccaud poursuit son œuvre, exigeante et trouble. L’univers du porno lui va bien. Sa plume, vicieuse, s’insinue dans les plaies déjà béantes, prend le temps de s’arrêter sur d’infinis détails, triviaux ou éloquents. Pour nous mener, non pas sur le Walk of Fame, mais bien au fond du trou.

Glory Hole / Frédéric Jaccaud. Les Arènes (EquinoX), 2019