Le dernier thriller norvégien de Luc Chomarat

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Delafeuille, employé par les éditions Mirage, se rend au Danemark afin de négocier les droits de traduction du dernier roman d’Olaf Grundozwkzson. Surfant sur la vague du polar nordique, l’auteur a rencontré un succès mondial avec ses précédents livres. Ses ventes se hissent à la hauteur d’un Nesbo ou d’un Larsson. Le dernier thriller norvégien est assuré de devenir un best seller. Aussi, Delafeuille n’est pas seul sur le coup, Murnau et Gorki ont également fait le voyage pour tenter leur chance. Dans le même temps, l’Esquimau terrorise Copenhague et vient de faire une sixième victime. L’inspecteur Bjonborg enquête.

Jusque là, tout va bien. La structure, les personnages se mettent en place. On est dans un polar classique (plus ou moins), si l’on fait fi du ton léger, des descriptions cocasses et des réflexions désopilantes de l’éditeur désabusé. Mais on est surtout dans du Chomarat, hein, alors forcément tout se met très vite à déraper. Sherlock Holmes se joint au groupe, oui le vrai détective so british, et Delafeuille trouve dans sa chambre d’hôtel le manuscrit, en français, du dernier thriller norvégien. Il se met donc à lire le roman et découvre qu’il en est un des protagonistes et que tout ce qui lui arrive(ra) est noté dans ses pages. Habile mise en abîme qui permet à Chomarat de balader son lecteur entre réalité et fiction, de décortiquer sous ses yeux ce qu’est une construction littéraire en s’appropriant pour mieux s’en moquer tous les poncifs liés à ces séries policières pas toujours d’une grande finesse.

L’absurdité est de mise tout du long et donne lieu à des scènes où l’on ne peut s’empêcher de pouffer face aux déboires des personnages, complètement empêtrés dans le fil de l’histoire, marionnettes d’un auteur omniscient qui se joue d’eux. Chomarat se permet tout, jusqu’à faire dire Delafeuille à Holmes, à un moment critique : « tenez bon, la fin du chapitre n’est plus très loin », jusqu’à leur faire lutter contre un langage ordurier qu’ils désapprouvent durant quelques répliques, changer de temps, passer du « il » au « je » simplement parce qu’il en a le droit, en tant qu’auteur. Tout est décomposé, en équilibre instable, et se lit tambour battant, à l’image de quelqu’un qui, sous l’œil hilare de témoins, court pour éviter de tomber, et qu’on ne sait s’il va se redresser ou se vautrer.

Tout est drôle, les noms, les dialogues, les péripéties, et n’empêche pas l’air de rien une réflexion profonde sur l’avenir de la littérature et du livre papier, sur la place de l’écrivain, dont « le rôle est d’introduire le doute là où il y avait certitude. Un peu le contraire du politicien. » C’est terriblement fin, virtuose, intelligent et prouve une nouvelle fois que, contrairement à certaines productions littéraires écrites à la va-vite, Chomarat ne prend par ses lecteurs pour des imbéciles.

Le dernier thriller norvégien / Luc Chomarat. La manufacture de livres, 2019

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Une ville de papier de Olivier Hodasava

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Sommes-nous en train de nous faire mener en bateau en voiture ?

1931. Desmond Crothers, employé méritant de la florissante compagnie de cartographie General Drafting, déjeune avec son patron, Otto Lindberg. En récompense de son implication dans la société, Desmond se voit confier l’honneur de créer une ville de papier sur la carte du Grand Est Américain qu’il vient de terminer. Une ville de papier ? Une ville fictive permettant de prouver le plagiat en cas de copie illégale par des concurrents peu scrupuleux. Desmond va bientôt épouser Rosemalia. De leurs prénoms accolés, il crée Rosamond et situe sa création dans le Maine.

1951. Taylor Unger, du service juridique de General Drafting, repère Rosamond sur une carte siglée Texaco. La fraude est avérée. Pourtant, l’entreprise perd son procès. A l’endroit inventé par Desmond se tient un unique drugstore, le Rosamond General Store, nommé par son propriétaire d’après la première carte. Les gens du coin, depuis, appellent tous le lieu Rosamond. La ville de papier étant devenue réalité pour les habitants, le juge estime qu’elle existe.

De nos jours. Un narrateur, féru de cartographie, promet un article sur une ville fictive à un magazine. A cause du célèbre procès, il choisit Rosamond et se rend sur place pour en retracer l’histoire. Il entame une véritable enquête, retrouve coupures de presse, entend différents témoins dont il raconte les vies. Rosamond a été le siège de drames, comme autant de preuves de sa réalité.

Quel intrigant roman que celui-là ! Quel voyage passionnant ! Les éléments factuels s’enchainent au gré des investigations du personnage principal. On le suit sur les routes du Maine, ravis d’en apprendre tant sur ce bout de terre lointaine, parabole de l’Amérique. On comprend l’expansion des sociétés de cartographie, à cette époque où l’industrie automobile était en plein essor. On les imagine, les motels pas chers et leurs clients épuisés d’avoir tant conduit,  les stations service poussiéreuses, les grosses voitures aux couleurs vives.

Et puis… au fur et à mesure des découvertes, le doute surgit. Olivier Hodasava ne serait-il pas en train de nous mener en bateau ? Que l’anecdote concernant cette élection de Miss Rosamond, au cours de laquelle une fillette a fini foudroyée, ait servi de scénario à un épisode de The Twilight Zone dans les années 60, c’est possible ? Que Stephen King se soit fait prendre en photo devant le fameux drugstore, c’est vrai ? Que Walt Disney ait racheté des terrains là-bas pour y construire la ville utopique dont il rêvait, c’est crédible ? Et nous voilà à faire nos propres recherches sur internet, afin de vérifier l’(in)exactitude des faits contés. Au point de remettre en question l’existence même de ces villes de papier, points de départ de l’histoire. Tout serait faux alors que tout sonne si juste ? L’auteur nous aurait donc fait tourner en rond alors même qu’on avait une carte détaillée sous les yeux ? Le mystère reste entier… et c’est tant mieux !

Une ville de papier / Olivier Hodasava. Inculte, 2019

Le temps qui reste de Marco Amerighi

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Sauro revient à Badiascarna, le petit village de Toscane où il a grandi. Il n’y est pas retourné depuis plus de vingt ans, depuis que son père l’a chassé quand il était ado. Il revient, à la demande de sa mère, justement pour rechercher son père qui a disparu. Ce retour est l’occasion de se souvenir de ses 13 ans et de raconter le drame qui l’a conduit à la rupture avec les siens.

Amerighi construit sa narration au gré de l’alternance entre des chapitres au passé, à l’époque de l’adolescence de Sauro, et au présent, dans la tête de son personnage principal tandis que sa maturité lui permet de porter un regard neuf sur des événements qu’il n’avait pu saisir lorsqu’il était jeune. Sauro n’a pas envie de retourner à Badiascarna. Il a construit sa vie ailleurs, contre. Il y a été heureux, pourtant. Avec ses potes, Momo, Le Docteur, et Trifo, ils avaient dans l’idée de former un groupe de rock et de devenir riches et célèbres. Leur amour pour Bowie ou les Stooges les portait. Dans l’abattoir de la ville, ils avaient installé leur salle de répét dans une chambre froide défectueuse. Ils se donnaient du mal pour être au point pour un premier concert déniché par Bea. Bea dont ils étaient tous amoureux. Sauf peut-être Trifo, qui l’aimait d’un amour différent, vu qu’il était différent lui-même, pas « débile », juste retardé mental.

Le temps qui reste est un roman mélancolique. Il dit le temps qui passe, les malentendus qui détruisent des vies, les erreurs qui rongent. Il dresse le portrait d’une bande de copains pris dans une tourmente qui se chargera de les éloigner mais qui seront unis, le temps d’un été, plus que des frères. On pense à Stand by Me, le film de Rob Reiner tiré de la nouvelle Le corps de Stephen King, incluse dans le recueil Différentes saisons. Les dialogues et les relations entre les membres du groupe, à cet âge où l’amitié est plus importante que tout, sonnent aussi juste.

Le temps qui reste n’est pas nostalgique d’un âge d’or qui serait révolu. Même si le présent n’a tenu aucune promesse, ce n’était pas mieux avant. Amerighi donne une dimension sociale à son récit qui empêche son histoire de se noyer dans un pathos facile. Badiascarna a vécu un renouveau économique grâce à l’implantation d’une centrale géothermique qui était censée apporter confort et prospérité aux habitants déshérités de ce coin du monde. Elle leur a surtout amené l’amiante et les cancers, qui tuent non seulement les ouvriers qui y travaillent mais aussi leurs femmes qui respirent les poussières quand elles nettoient les vêtements de leurs hommes.

Le lecteur apprendra les tenants d’une histoire bouleversante au fur et à mesure des révélations que Sauro découvrira lui-même. Comme le héros, il en sera durablement ému.

Le temps qui reste / Marco Amerighi. trad. de Françoise Brun. Liana Levi, 2019

Les tribulations d’Arthur Mineur de Andrew Sean Greer

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Arthur Mineur a écrit un roman qui a eu un succès d’estime, il y a longtemps. Sa carrière n’a jamais vraiment décollé. Sans qu’il comprenne pourquoi, il a stagné. Mais là, la chute est annoncée. Son éditeur vient de refuser son dernier livre. Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, il est invité au mariage de son ex compagnon. Et pour couronner le tout, son cinquantième anniversaire approche. Courage, fuyons. Il décide d’accepter toutes les invitations qu’il avait refusées jusque-là. Foires du livre, conférences, rencontres littéraires. Mexique, Italie, France, Allemagne, Maroc, Inde, Japon, il embarque pour un tour du monde.

Andrew Sean Greer n’épargne pas Arthur Mineur. S’il a choisi l’humour pour conter les mésaventures de son héros, il multiplie les changements de registres afin de lui donner une vraie profondeur et en faire un personnage tragi-comique.

On rit d’abord à ses dépens, il est vrai. Cumulant les gaffes dont seuls les Américains à l’étranger ont le secret, on suit son parcours au rythme de grands éclats de rire et on attend sa bourde suivante avec délectation. Arthur est alors décrit, observé par un narrateur dont on ignore tout, hormis le fait qu’ils ont été intimes. Décalé, emprunté, maladroit, Arthur fait des miracles dans le comique de situation. L’auteur empile les clichés propre au genre, sans vergogne, d’autant qu’Arthur n’est pas qu’Américain. Il est gay, vit à San-Francisco, fréquente l’élite artistique et intellectuelle. Ses rencontres avec les autochtones n’en sont que plus savoureuses.

On rit beaucoup avec lui, aussi. De ses remarques subtiles sur la marche du monde. De sa façon de se moquer de lui-même sans s’apitoyer sur son sort. De ses descriptions hilarantes du microcosme de l’édition.

Néanmoins, on ne fait pas que s’esclaffer, on est touchés, souvent. Arthur n’est nulle part à sa place. Jamais loin du ridicule. De ses moments d’introspection, de ses souvenirs, on apprend d’où viennent son mal-être, ses complexes. Arthur doute. Est-il un bon amant, un bon écrivain ? Longtemps demeuré dans l’ombre d’un génie de la poésie, il n’a pas su prendre son envol. Arthur a peur. De vieillir. Il est de la première génération d’homosexuels à survivre au Sida, à passer le cap des 50 ans. L’inconnu s’offre à lui et il est terrifié. Il a subi des deuils, des ruptures, des chagrins d’amour dont il ne se remet pas. Greer lâche alors les lieux communs et se penche sur l’individu, un être humain humble et seul qui, au cours de ses pérégrinations, progresse.

Alternance de moments d’humour acerbe (on pense à David Lodge et ses fictions universitaires, ou à Joseph Connolly et ses peintures désopilo-sociologiques), et d’instants de pure mélancolie, Les tribulations d’Arthur Mineur secoue, subtilement. Un roman majeur, en somme.

Les tribulations d’Arthur Mineur / Andrew Sean Greer. trad. de Gilbert Cohen-Solal. Jacqueline Chambon, 2019

L’été où tout a fondu de Tiffany McDaniel

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L’action se déroule en 1984, à Breathed, petite bourgade du sud de l’Ohio. Le procureur Autopsy Bliss convoque le diable, par une annonce dans le journal, afin de lui régler son compte au tribunal. Sal se présente. Jeune garçon de 13 ans, noir, aux étranges yeux verts, il semble perdu et se lie d’amitié avec Fielding Bliss, le fils du juge. La famille Bliss l’accueille chez elle.

L’atmosphère est plantée dès les premières pages. Etrange. Pesante. Breathed était l’archétype de la ville petite américaine tranquille. La communauté vivait dans l’harmonie, solidaire envers ses membres, image d’un paradis paisible, rural. La famille était l’archétype de la famille américaine. Un père respecté, une mère au foyer, deux fils sains de corps et d’esprit, l’aîné étant promis à une belle carrière sportive. Cet été-là,  l’arrivée de Sal coïncide avec une canicule éprouvante. Breathed bascule en enfer. L’équilibre est rompu avec l’introduction de ce nouveau personnage, cet ado noir qui focalise sur lui toutes les tensions préexistantes mais tues. La famille Bliss explose, subissant les foudres des villageois rendus fous par la chaleur écrasante.

Tiffany McDaniel, avec ce premier roman d’une maîtrise époustouflante, compose son récit d’anecdotes qui marquent des paliers vers l’horreur. Racontée des années plus tard par Fielding devenu vieux, l’histoire de cet été marque la perte. Celle de son enfance, témoin qu’il a été d’épisodes si violents qu’ils ont déterminé toute son existence. Celle d’une Amérique fantasmée, soi-disant généreuse, finalement inapte à accepter les différences. Le mal était là, en sommeil. Il se réveille sous l’effet du soleil, contamine les esprits tel une gangrène. La population se fait foule, meute en transe malade de haine.

Dans L’été où tout a fondu, tout est symbole. Les noms, les individus qui finissent par incarner, malgré eux, des figures, des mythes qui les englobent, les dévorent. Dans L’été où tout a fondu, tout est simple et désespérant. L’enfer est bien sur terre, un rien suffit à révéler ce qu’est l’Homme, au fond, un fanatique, raciste, malveillant envers tout ce qui n’est pas à son image, qu’il s’agisse de la couleur de la peau ou de la préférence sexuelle. Il suffit d’un jeune noir de treize ans. Dans les années 80, en Amérique. Ou ailleurs, ou maintenant.

L’été où tout a fondu / Tiffany McDaniel. trad. de Christophe Mercier. Joëlle Losfeld, 2019

Mado de Marc Villemain

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« Mon premier souvenir en tant que femme. »

Elle a dix ans, ou presque. Elle est encore une enfant. Elle joue, dans les vagues, avec deux garçons, un peu plus âgés qu’elle. Elle les connaît bien, ce sont des garçons, ils ont des jeux bêtes. Ils lui baissent sa culotte et l’emportent. Elle se retrouve nue, court après eux pour la récupérer. Puis s’enfuit dans les dunes et ce sont eux qui la poursuivent, la traquent. Elle n’est plus une enfant.

Vingt ans plus tard, alors qu’elle nous conte son histoire que l’on soupçonne tragique, Virginie, la narratrice, part de ce traumatisme pour dérouler le fil de son histoire d’amour avec Mado, l’été de ses quatorze ans. Non pas qu’elle prétende que cette anecdote désagréable soit l’élément déclencheur de son homosexualité, ce serait trop simple. Et ce serait faux. Si les jumeaux lui ont fait prendre conscience qu’elle sera désormais, pour tous, un être sexué, ils n’ont été qu’un lien. Avec la sauvage et sensuelle Mado dont ils sont les demi-frères et avec un lieu, cette cabane de pêcheur, son carrelet perdu dans les dunes, qui sera plus tard le refuge des deux adolescentes et où, acculée par les deux presque homme, elle passa seule cette nuit-là.

Virginie et Mado s’aiment, donc, cet-été-là, en cachette, non par honte mais pour se préserver, vivre plus intensément, à l’abri des autres. Ces autres, parents, camarades de classe, qui ne sont que des ombres quand Mado est le soleil. Car Virginie, surtout, aime Mado. Et elle ressent cet été-là, en même temps qu’elle les découvre, des émotions si intenses qu’elle ne les éprouvera plus jamais. Elle vit l’amour absolu. La passion, les doutes, la tragédie.

Ecrire un roman d’amour est un exercice périlleux. Raconter l’intimité, l’éveil à la sensualité à hauteur d’adolescentes, sans tomber dans la caricature, est une prouesse. Marc Villemain y parvient et livre un virtuose roman d’amour. Tout en délicatesse et fougue, avec des mots justes, Mado explore l’éventail des sentiments, sans mièvrerie, sans voyeurisme, sans euphémisme non plus. Marc Villemain dit comme rarement cet âge exalté où le cœur bat vite et fort, où l’on est sûr de tout et de rien. A croire qu’il a été une ado de quinze ans, dans une autre vie…

Mado / Marc Villemain. Joëlle Losfeld, 2019

Un faux pas de Mark SaFranko

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SaFranko continue d’intéresser les éditeurs français. Réjouissons-nous. Avant de nous plonger dans la lecture de Suicide, paru récemment chez Inculte, et en attendant la réédition de Putain d’Olivia, en septembre prochain chez la Dragonne, c’est donc avec plaisir que l’on suit les mésaventures ici d’un nouveau (anti)héros de l’auteur, Clay Bowers.

Le début du roman s’ouvre sur la description de l’état physique de Clay. Lourdement handicapé, incapable d’effectuer seul les gestes de la vie quotidienne, il est dépendant de sa femme. Il passe ses longues journées à regarder la télé, à gamberger, à ressasser. A revenir sur ses différents faux pas. Celui qui l’a cloué dans ce fauteuil, d’abord, suite logique aux nombreux autres commis au cours de son existence. Parce que s’il est tombé de ce fichu toit, où il officiait en tant que couvreur professionnel, ce funeste jour, c’est bien parce qu’il était plus occupé à mater Cindy, la proprio pas farouche, qu’à regarder où il mettait les pieds. Cindy, l’un de ses autres multiples faux pas consistant à tromper sa femme. En vingt ans de mariage, la liste de ses conquêtes a été longue. Maintenant qu’il est paralysé, l’inventaire est définitivement clos. Et c’est d’autant plus déprimant que son épouse, vraisemblablement au courant de ses frasques, semble déterminée, sinon à lui faire payer ses anciens écarts de conduite, du moins à profiter à son tour des plaisirs de l’existence.

SaFranko s’amuse. A brouiller les pistes et les sentiments que le lecteur éprouve au sujet de Clay. Tour à tour attachant, ou pathétique, selon qu’il se décrit lui-même ou qu’il est vu à travers le regard de tiers, Clay se raconte, se dévoile, en même temps qu’il décrit le comportement changeant d’Alicia. Son épouse se désintéresse de ce mari volage, s’en éloigne, se dévergonde, lui déclare la guerre… A moins que…

Dialogues efficaces et méchamment jubilatoires, scènes de sexe pas très glorieuses, monologue intérieur à la limite de la folie, fin surprenante… Du SaFranko, quoi.

Un faux pas / Mark SaFranko. trad. de Annie Brun. La Dragonne, 2018